François &c. Lett. XIII. 22Z
Vous m’avouerez, mon Cher, qu’un hom-me qui donne de fì belles leçons aux Sujets,& qui soutient fl bien les droits des Souve-rains , n’est pas ennemi des Rois. Je parieque tout Prince qui se distinguera par sa clé-mence & son équité, aura Mr. de Voltairepour admirateur. II n’est lui-même jamaisplus admirable, que quand il parle de la bon-té d’ÍÍENRI IV.
Il /’aimait » non en Roi , non en Maître sévère ,
Qui souffre qiion aspire à Vhonneur de lui flaire ,
Et de qui le coeur dur et l’inele-
XIBLE ORGUEIL
Croît le sang d’un Sujet trop paye'd’un coup d’oeil.
C’est ainíì qu’il s’exprime au sujet de l’af-fection que ce grand Monarque avoit pourle jeune Biron. Persuadé que le sang d’unhomme, quelque vil & abject qu’il puisse être,est toujours précieux, il ne peut souffrir quedes Princes mettent leur gloire à le répandre.II voudroit qu’on ne laiíìât aux Rois que lepouvoir de faire du bien : & qui eít-ce qui nele voudroit pas ? La connoiílànce que nousavons du Cœur Humain, & l’expérience deplusieurs Siècles, ne nous apprennent-ellespas-que les Souverains ne font pas toujours cequ’ils devroient être, qu’ils n’imitent pas tou-jours la Divinité, dont on dit qu’ils sontl’ima-
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