Lettres sur les
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ge ; mais que souvent ils imitent quelque cho-se de fort opposé à la Divinité ? Heureusementil y a longtems que Y Europe Chrétienne & Ci-vilisée n’a pas vu deNERONs; mais auflì a-t-elle vu peu de T1 t u s.
Autant que Voltaire paroit haïr les Tirans,autant semble-t-il faire peu de cas des Con-quérans. II y a mille traits dans ses Ouvra-ges, qui font aífez voir ce qu’il pense sur leurcompte. Juste estimateur du vrai Mérite, ilne se laisse pas éblouir à ce qui n’en a que l’ap-parence. Un autre que lui n’auroit pas man-qué de placer Charles XII au rang desdemi-Dieux : c’est à de petits Esprits à jugerdes choses par la superficie, & à prendre pourgrand ce qui dans le fond ne l’est pas. Hommeunique , dit-il en parlant du Roi de Suède,plutôt que grand homme , £5* admirable plutôt q u’àimiter . Sa vie doit apprendre aux Sois , combienm Gouvernement pacifique ejl heureux & au des-sus de tant de gloire. II a raison , rien n’est pré-férable au repos des Peuples ; & rien n’est fiéloigné de la Sagesse, qu’un Roi qui met fagloire à brûler, à saccager Amis & Ennemis.Croyez-moi, cher Ami, aimons la Paix avecMr.de Voltaire. C’est, dit un Ancien (a), la
meil-
(a) . . . . Vax optìma rerum,Quas hom'mi novifii datum efi. Pax una trium-phis
Innumerìs potior. Pax cufiodire salutem,
£t cives aquare pot en s. Sil. Ital. Lib. II.