226 Lettres sur les
ces Libelles connus fous le nom de Calot es,n’a pas manqué de le régaler d’un plat defa façon ; & dans divers autres Ouvragesqui ont couru le Monde , la religion deMr. de Voltaire a été fort décriée. Le Pu-plic a tout cru, parce qu’il est de fa natu-re de croire plutôt le mal que le bien ;comme c’est le fort des Grands - Hommesd’être accusés d’impiété , lorsque l’envie nepeut leur faire d’autre reproche. Mais, medirez - vous, il faut bien qu’il y ait quelquechose qui ait donné lieu à ce bruit ; caron ne va pas décrier un homme fans rimeni raison , sur un point auffi délicat que ce-lui de la Religion.
11 est vrai que Mr. de Voltaire pense libre-ment , qu’il croit que tout Etre raisonnable adroit d’examiner les choses avant d’y ajouterfoi, & qu’il condamne cette confiance stupi-de & cette soumission aveugle que les Hom-mes ont pour les décisions des Prêtres.
Les Prêtres ne font pas ce qu'un vain Peuplepense ,
Notre crédulité fait toute leur science.
Voilà ce qui a révolté les InfaìUibilìfles. J’a-voue que ce trait est hardi pour un hommené dans un Pays où les trois quarts des hom-mes croient qu’il y a un Prêtre au Monde quine peut fe tromper , & dont il n’est pas per-mis