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Lettres sur les
prendre, je crois que le P. Folard n’est pasmeilleur Infiilhbilijîe que Voltaire. Je réponspour celui-ci à bon compte ; & je fuis per-suadé qu’il,tient pour maxime, qu'il n’y apoint d’homme au monde qui puisse se van-ter d’être infaillible , & qui ait droit d’em-pêcher les autres de raisonner. II fait plusVoltaire , il croit qu’il faut douter pour trou-ver la Vérité.
s ai pitié (a) de ton trouble ; ton amefincère ,
Puisqu 1 elle sait douter , mérité qu'on t éclaire.
Ce n’est pas qu’il approuve ce doute in-sensé dont on attribue l’invention à Pyrrbon :non, je fuis garant qu’il fe rendra à toutce qui lui fera démontré. Mais dans leschoies suspectes de mensonge & d’erreur,son avis est que chacun peut douter, juf-qu’à ce qu’on lui ait fait voir la vérité, ouqu’il l’ait découverte lui-même. Ce senti-ment doit être celui de tout homme qui aun grain de bon sens : car enfin, mon Cher,íì jamais on n’avoit douté, jamais on n’au-roit connu aucune Vérité cachée , & ja-mais on ne se seroit assuré de celles qu’onfavoit déjà. De cette liberté de douterque Voltaire accorde à l’Homme, fuit natu-rellement l’Efprit de tolérance , Enfant de
la
{a) Ep. II. JUr la Liberté,