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Lettres sur les
Et périsse à jamais P affreuse politique ,
Qui prétend sur les cœurs un pouvoir despotique ;Qui veut le fer en main convertir les Mortels ,Qui du sang hérétique arrose les Autels ,
Et prenant un faux zèle, ou P intérêt, pour guides,Ne sert un Dieu de Paix que par des homicides.
Ce monument affreux du Pouvoir Monacal,Que P Espagne a reçu , que P Univers abhorre ,Qui venge les Autels qui les déshonoré ,
Qui tout couvert de sang , de flammes entouré ,Egorge les Mortels avec un fer sacré •,
Comme fi nom vivions dans ces tems déplorables ,OU la Terre adorait des Dieux impitoyables ,Que les Prêtres menteurs , encor plus inhumains,Se vantaient d'appaiser par le sang des Humains.
Je ne sai, mon Cher , íl vous ferez demon avis ; mais je vous avouerai que je trou-ve ces Vers dignes d’être gravés fur f airain ,& je crois qui si Thomas d’Aquin vivoit en-core , il donneroit la meilleure de ses Hym-nes pour en être cru l’Auteur. Certaine-ment, si tous les Commentateurs de Y Apoca-lypse avoient eu autant de religion que Vol-taire , au-lieu de perdre le tems à vouloir ex-pliquer des Visions par d’autres Visions , ilsauroient attaqué des abus réels. Quelle hon-te pour notre Siècle ! On accuse d’irreligionun homme qui mériteroit des Autels, on trai-te d’impie un Auteur qui n’annonce que la
Paix,