François &c. Lett. XIII. 2Zs
qu’à se tranquiliser ; on lui accordera quele Télémaque n’est pas un Poëme Epique,pourvu qu’il convienne à son tour, quec’est le plus beau & le plus solide Romanqu’il y ait.
11 paroit que Mr. de Voltaire n’est guèresmoins jaloux de Ion mérite Philosophique,que du Poétique. II fait tous ses effortspour nous persuader qu’il est aussi bon Phi-losophe qu’excellent Poëte ; il y a des gensincrédules qui n’en conviennent pas. Ce-pendant à fentendre, avant lui les PoètesFrançois ne savoient qu’arranger des mots,& il est le prémier qui ait expliqué les cho-ses. II a publié, comme vous lavez, cequ’il appelle la Philosophie de Newton mise àla portée de tout le monde. Rien n’est plustrompeur que ce titre ; puisque l’Ouvragecontient des calculs profonds , & capablesde dérouter les têtes les mieux étayées ;& que d’ailleurs l’Auteur y parle souventde choses au fait deí’quelles il n’est pas tou-jours. Ceci, mon Cher, soit dit entrenous. Mr. de Voltaire est le Saint du jour,il faut l’adorer, le croire infaillible , ou sefaire envoyer aux Petites-Maisons. Le pau-vre Abbé Dessontaines travaille à une Cri-tique de cet Ouvrage , je meurs d’enviede la voir. En attendant qu’elle paroisse ,Mr. de Voltaire a jugé à propos de se ven-ger par anticipation. L’Abbé est un peu