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lire. II n’a pas tenu à Mr. de Voltaire , quele Télémaque n’ait été regardé comme unOuvrage ridicule : écoutez comme il en par-le dans son Mondain.
Or maintenant , Monsieur du Télêmaque ,Vantez-nous bien votre petite Ithaque ,
Votre Salente , U ses murs malheureux ,
Où vos Cretois tristement vertueux ,
Pauvres d’effet , U riches d'abstinence ,Manquent de tout pour avoir P abondance,y admire fort votre ftile flatteur ,
Et votre Prose , encor, qù’un peu traînante :Mais, mon Ami , je consens de grand cœurD’être f este dans vos murs de Salente ,
Si je vai là pour chercher mon bonheur.
Certainement la réputation de l’Ouvrage,& la qualité de l’Auteur méritoient bien unecritique un peu moins cavalière. Mais sa-vez-vous pourquoi Mr. de Voltaire en veuttant au Télêmaque 1 C’ett qu’il craint qu’onne puisse dire que la Henriade n’est pas leseul Poëme Epique qu’il y ait en François.II entre un peu de jalousie dans ce motif.Plus j’examine la manière dont Voltaire par-le fur le compte des autres & fur le sien,moinsje puis me persuader qu’il soit exemt de cet-te passion : il a beau en appeller à l’Auteurde Radamste , je n’en penserai pas moinsce qui me paroit vrai. Eh bien , il n’a
qu’à