François &c. Lett. XIII. 241
Boilem lui-même , autrefois fl célèbre , com-ment est-il regardé aujourd’hui , depuis qu’ila plû à Mr. de Voltaire de le mépriser ? fl n’ya pas bien du tems que dès-qu’on iavoit lire,on apprenoit ses Satires par cœur : mais au-jourd’hui que Mr. de Voltaire a décidé que cetíétoìent pas les meilleurs de ses Ouvrages , on au-roit honte de les avoir lues.
Selon Voltaire , Boileau n’a qu’un peu declinquant, qui éblouît de loin, & qui n’arien que de fort grossier dès-qu’on l’exami-ne un peu de près. Voilà ce que c’est qued’entendre la Philosophie de Newton on eíten état de traiter du haut en bas tout ce quin’en a jamais ouï parler. Le pauvre Despreauxne favoit qu’arranger des mots. Que pou-voit-il faire autre chose, ne connoilfant pasle nouveau Système du Monde ? 11 faut celapour faire un excellent Poète. On peutbien mettre de Pefprit dans des Vers , fanscette connoiííànce ; mais pour du bon-fens,nargue.
Vous trouverez peut-être mauvais, moncher Ami, que je vous proteste toujours d’a-bréger mes Lettres, & que je les faste néan-moins toujours longues. Mais armez-vousde patience, car mon défaut dominant c’estd’être babillard. Je fuis tout à vous.
A.ce.Décembre 17J8.
Vin des Lettres fur les François.
Q. LET-