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blic, traita Perrault, surnommé le Moderne( a ), comme le plus ignorant de tous leshommes, quoiqu’il ne fût rien moins. II dé-peignit l’Abbé Cotin comme un sot, un mau-vais Prédicateur, quoique cet Abbé ne fûtni sot, ni mauvais Préaicateur, mais seule-ment Poëte très médiocre. Enfin il ne tintpas à lui que le grand Corneille , le Restaura-teur de la Scène Erançoise , ne fût régardé com-me un Génie assez ordinaire : mais malgré lestraits malins que Boìleau a lâchés contre lui,& malgré ^inconstance des François , le mé-rité solide de Corneille s’eít soutenu, & sesoutiendra tant qu’il y aura de l’esprit dansle Monde. A cela près les François ont sous-crit aveuglement aux décisions du Poëte Sa-tirique. La même chose arrive aujourd’hui.Qui est-ce qui ose ouvrir la bouche dèsqueMr. de Voltaire a parlé ? Y a-t-il quelqu’und’alsez hardi pour oser appeller des jugémensde cet Oracle du Parnasse ? II a jugé à pro-pos de faire passer 1 \ouJfeau pour un Poëtesubalterne. On l’a cru sur sa parole, excep-té quelques Connoisseurs, qui admirent en-core Y Ode à la Fortune , & plusieurs autres dumême Auteur, où la solidité des penséeségale le tour brillant des expressions.
Boi-
(a) Mr. Ménage se déclare sauteur de ce so-briquet, comme s’il s’agiíToit d’une inventionde conséquence. On n’a garde de lui en déro-ber la gloire.