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trop bien. Pour moi qui ai eu le tems de lesexaminer de près, je trouve qu’il y a autantde différence entre les anciens Aìlemans Sc lesmodernes, qu’il y en a entre les Cardinaux & lesScipions. Si l’on trouve encore quelque rapportentre les AUemam d’aujourd’hui & ceux d’au-trefois, ce ne peut guères être que dans quel-ques défauts héréditaires que les prémiers ontconservés, Quant à l’ancienne Probité Germa -nique, a peine en entrevoit-on quelques vesti-ges chez le Commun-Peuple : les Gens decondition se distinguent par le mépris qu’ilsen ont, & par une conduite fort oppoíee àcette même Probité.
Autrefois les AUemans méprisoient les Ri-chesses (a), & ne faisoient aucun usage del’Argent. Aujourd’hui, je ne sache personnequi les surpasse dans l’avidité du Gain : ondiroit qu’ils se répentent de leur indifféren-ce passée, & que par leur empressement às’enrichir ils veuillent réparer le tems perdu.Il se peut qu'il y ait chez eux des Mines d 1 Orsf? d’Argent ; mais c'esl de quoi ils se mettentfort pëu en peine. Ah, mon Cher ! si le pau-vre Tacite , qui a dit cela, venoit aujourd’huifaire un petit tour en Allemagne , st change-roit bien de langage. S’il y avoit des Mi-nes d’Or & d’Argent chez les Aìlemans d’à
pré-
( 3 ) Tojfejsione ttsu argentì kauàperinde assi^ciuntur . Tac. de Mor. Germ.