Allemans &c. Lett. III. r6z
car on dit que cela dure toute Tannée. Jesouhaite que cela soit, adieu.
LETTRE III.
P Uisq_ue mes réflexions fur les Aìlemamfont de vôtre goût , je vai les conti-nuer ; mais j’ai bien peur, mon cher Ami,que vous ne soyez pas toujours dans lesmêmes dispositions, & que lorsque nouscesserons de voir vôtre Nation du beau cô-té, vous ne cessiez aussi de vanter ma sin-cérité. Qu’itnporte, continuons toujours,cela ne m’empêchera pas d’étre sincère.
Je ne connois point de Nation qui aitreçu de la Nature autant de dispositions,que Y Allemand en a pour devenir un excel-lent Soldat. II est élevé dès fa jeunesse àsupporter la faim & la misère, à être sou-mis à ceux dont il dépend, & à respectertout ce qui est un peu au dessus de lui.De-là viennent cette constance infatigabledans les travaux de la Guerre, cette patien-ce dans les adversités, & cette crainte respec-tueuse du Soldat pour ses Officiers. On neconnoit point de Raisonneurs dans vos Trou-pes , encore moins de Defobéïssans. On n’yvoit ni Breteurs , ni Carilloneurs. On n’ypardonne aucune faute de celles qui fontcontre le Service. Les châtimens y font ru-des, & Ton punit les Officiers qui négli-R 4 gent