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gent de s’en servir pour corriger le Soldat.On ne néglige rien non plus pour qu’ilsoit bien exercé. Je suis sûr que les Prus-siens usent plus de cent cinquante milliersde poudre tous les Printems, rien que pourleurs Exercices. La Cavalerie exerce à pied.& à cheval ; elle monte la garde tout com-me Tlnfanterie : au-lieu que la CavalerieFrançoise ne fait presque point de service,& n’exerce qu’à cheval, encore n’est-ce quetrois ou quatre jours de Tannée , fans fairefeu : de forte que quand la Guerre vient,ces chevaux, qui n’ont jamais entendu ti-rer un coup de pistolet, s’épouvantent dèsla prémière décharge , & emportent les Ca-valiers hors des rangs. Outre cela, cetteCavalerie n’étant point accoutumée à exercerà pied , ne fait comment faire dans un four-rage, lorsqu’elle est attaquée par des Hus-sars, ou par de Tlnfanterie. Voilà pourquoiles Hussars Impériaux ont mis st souvent enfuite nos Fourrageurs François dans la der-nière guerre fur le Rhin. Car s’ils avoient suformer un Bataillon , lorsqu’ils étoient sur-pris en faisant leurs troufíès, & attendreles Hussars de pied ferme avec leurs mous-quetons , ils les auroient fait retourner plusvite que d u pas.
Je fuis persuadé, mon Cher, que les Fran-çois ne doivent rien aux Allemam du côté de
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