292 Lettres sur le»
ques jours de plus : A quelque chose malheurêjt bon.
On ne se contente pas ici de faire rendrecompte à un Général de fa conduite lorf-qu’il a été malheureux, & de le châtier s’il ya eu de fa faute ; on poulie la sévérité jus-qu’à lui faire un crime d’Etat pour avoir étéheureux contre les règles. Cette coutu-me est assez conforme à celle des Romains .-mais quelque bonne qu’elle paroisse , elle estsujette à bien des inconvéniens, & ne doittout au plus avoir lieu que contre des té-mérités , qui , st elles n’eussent pas réussi,auroient causé la ruine de l’Etat : encore doit-on pardonner à l’heureux téméraire en fa-veur du succès , fans négliger pourtant delui faire sentir le défaut de sa conduite, &les risques où il vient d’expofer le Salut pu-blic. Mais le Souverain , avant d’accuferlès Généraux d’irrégularité, doit bien exa-miner leurs actions, & être bon Connoif-lèur dans la matière en question, de peur qu’ilne confonde la prudence & la hardiesse avecl’étourderie & la témérité ; ou qu’il ne felaisse prévenir par l’envie & la jalousie, ca-chées fous le masque d’un faux zèle. Unecélèbre victoire pensa coûter cher au Prin-ce Eugene, par l’envie de quelques Gé-néraux. Je voudrois que les Souverains nechoisissent jamais de rodomonts pour com-mander leurs Armées. Ces gens-là font
peu*