Allemans &c. Lett. V. 29 z
peu , & se vantent beaucoup : rarement levrai mérite se trouve dans un fanfaron & lamodestie est la plus sure marque du mé-rite.
Les François n’ont eu dans la Guerre de1701. presque que des Généraux rodomonts,& par conséquent d'un mérite très médio-cre. L’un écrivant au Roi fur une victoirequ’il avoìt remportée je ne sai comment,lui marque que Sa Majesté y a moins perdude Soldats , que ses Ennemis ri y ont ptrdu deDrapeaux & dlEtendarts. L’autre, apprenantque son Armée avoit été forcée à céder lechamp de bataille , répondit qu’il n’y étoitpas , qiiil ne sauroit être par-tout . Un autreécrivant au Roi sur le même combat, élèvejusqu’au Ciel la valeur des Troupes Françai-ses , Sc lui dit, que jamais le Nom Françoisri avoit peut-être été en plus grande considéra-tion ; tjs que les Alliés ne parlaient que de labeauté de la retraite de son Armée , de‘sa, con-tenance fière, U de f intrépidité avec laquelle lesFrançois avoient combattu.
C’étoit prêter aux Alliés des idées bien dif-férentes de celles qu’ils avoient véritable-ment : car au fond, quand ils eurent vu laforce des retranchemens dont l’Armée Fran-çoise étoit couverte, ils ne purent compren-dre comment elle s’étoit laissé forcer dans ceposte ; & ils ne feignoient pas de dire qu'stfalloit , ou que les Attaquans eussent étéT z braves