Buch 
Lettres françoises et germaniques, ou, Reflexions militaires, litteraires et critiques sur les François et les Allemans : ouvrage également utile aux officiers & aux beaux-esprits de l'une & de l'autre nation / [Éléazar de Mauvillon]
Entstehung
JPEG-Download
 

294

Lettres sur les

braves au-delà de toute expression , pour q

avoir pu surmonter tant d’obstacles ; ou que á

les Attaqués eussent manqué de cœur, ou ft

leurs Généraux de tête , pour avoir été ob- 1 toligés de céder dans un endroit si avantageux ro

& si bien fortifié, avec des Troupes supé- gi

rieures. Mais il sembloit pour-lors que la di

modestie eût été ensevelie chez les François, fil

en même tems que la capacité , avec les tr

Turennes & les Catinats. Le prémier de ces \'í

deux grands Hommes écrivant à fa Sœur , téaprès PaíFaire de Gien : Il s’ejl j/íjfé quelque tó

chose à Gien , lui diíoit-il, qui rìejl pas de ci

grande conséquence. II s’agissoit feulement H

d’avoir sauvé le Roi & toute là Cour, en , karrêtant , par la plus belle manœuvre du de

monde , avec trois mille hommes, une Ar- gé

mée de douze mille hommes victorieuse , > ta

& qui plus est commandée par le grand i oPrince de C onde'. Après la Bataille des li

Dunes, il marquoit à son Epouse : Nous |

avons été aux Ennemis , N 'A ont été battus. <

Ln journéé a été longue , je me trouve un peu j

fatigué. Je nien vai coucher , je vous donne lebon soir , ss suis. . . Jamais peut-être Vain- |

queur n’a écrit une Lettre plus singulière.

Le Maréchal de Catinat n’étoit guères moinsmodeste que Mr. de Turenue : témoin lerefus qu’il fit de l Otdre du St. Esprit quele Roi vouloir lui conférer , & la maniérédont il passa le reste de ses jours, après

qu une ‘