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Lettres françoises et germaniques, ou, Reflexions militaires, litteraires et critiques sur les François et les Allemans : ouvrage également utile aux officiers & aux beaux-esprits de l'une & de l'autre nation / [Éléazar de Mauvillon]
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Allemans &c. Lett. V. 297

le foix mieux mourir de faim , que de dé-penser cet écu blanc.

Telle est la manie des François , de fairebeaucoup de bruit pour peu de chose. QueLouis XV. ait donné de far gent à ce Sol-dat , cela eít digne de la générosité don sigrand Monarque ; qu’il lui ait parlé, & Taitloué sur sa bonne mine , c’est une preuvede la bonté de ce Prince , qui ne s'accordepourtant guères avec l’air sérieux & réservéqu’on lui attribue. Mais qu un hommefasse tant de bruit pour un écu , parce qu’ill'a reçu de la main d’un grand Prince , c’eítce qui paroit extraordinaire : car apparem-ment la libéralité du Roi ne íë borna pasà ce seul Soldat, elle s’étendit fur tous lesautres qui travailloient au Canal, ou dumoins fur ceux que ce Prince avoit remar-qué qui travailloient avec le plus de zèle& d’adresse. Ainsi pourquoi tant tirer va-nité d’une chose , qui , bien loin d’êtreunique , étoit commune à plus d’un millierd’hommes ?

Les Allemans font beaucoup plus modestesfur les faveurs de leurs Souverains. Com-bien de Soldats parmi eux, & peut-être mê-me d’Officiers , qui pourroient se glorifierd’avoir été rossés par des Mains Royales ?cependant ils ne s’en vantent pas, ils poussentmême l’humilité jusqu’à nier le fait, quandon leur en parle. Un François ne seroit pas