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Lettres françoises et germaniques, ou, Reflexions militaires, litteraires et critiques sur les François et les Allemans : ouvrage également utile aux officiers & aux beaux-esprits de l'une & de l'autre nation / [Éléazar de Mauvillon]
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Lettres sur les

fi retenu ; rien ne pourroit l’empêcher deconter son avanture au premier venu , dela mettre en chanson , en un mot de la pu-blier dans les quatre coins de Y Europe.

Mais heureusement pour l’honneur de lamodestie Françoise , les Rois de France , soitbonté, soit fierté, ne sont point dans l’habi-tude de bâtonner leurs Sujets. La remontranceque le Duc d'Epernon C a) fit à Henri III,prouve bien que jusqu’à ce Monarque il étoitionuï que les Rois de France eussent jamais ca-ressé leurs Sujets d’une manière si familière;& si, comme je n’en doute nullement, cePrince fût le premier de nos Rois qui s’avisade ces sortes de caresses , il est à présumerqu’il n’a été imité d’aucun de ses succes-seurs , & qu’il ne le fera jamais, les hom-mes devenant de jour en jour plus prudens,

excep-

(a) Au mois de Mars 1588- le Roi (HenriIII ), étant en son Conseil dans un Apartementdu Louvre, entra dans une grande colère contreMichel de Sevre, Chevalier de Malte, & Grand-Prieur de l’Ordre en Champagne , jusqu’à lui don-ner des coups de pied & de poing, pour avoirledit de Sevre perdu le respect & parlé avec in-solence à Sa Majesté. Le Roi l’auroit peut-êtretué sans le Duc d’Epernon , qui lui représentaqu’il étoit indigne de Sa Majesté de mettre lamain sur un de ses Sujets , auquel, s’il le trou-voit coupable , il devoir faire faire le procès.Voj. les Net. fur la S. Men.