Allemans &c. Lett. VI. 299
excepté dans certains Pays , où il sembleque cela va de mal en pis. Avouez, mouCher , que voilà une Lettre furieusementlongue , pour être d’un homme qui vous apromis cent fois de ne vous en écrire plusque de courtes. Mais excusez-moi, c’est ca-caóthes garriendi qui m’a fait oublier mes pro-messes. Adieu, je tâcherai de me corriger.
LETTRE VI.
Y O u s trouvez mauvais, mon Cher, qu’a-près avoir établi la modestie des Aile-■mans fi sérieusement, je la prouve ensuiteen plaisantant. A cela je n’ai rien à répon-dre íìnon , ridenda dìcere verum quid vetat ?Mais si vous voulez que je vous parle sérieu-sement , j’ajouterai à ce que j'ai déjà dit surce sujet, que ce qui m’a convaincu que lesAllemans étoient plus modestes que les Fran-çois , c’est que quoique j’aye toujours fré-quenté ici des Officiers de toute espèce, jene me souviens pas qu’il s’en soit encoretrouvé un qui m’ait étourdi du récit de sesexploits, comme cela est assez ordinaire ànos François.
Mais en récompense voici un reprocheque je val leur faire avec justice, & qui neconvient guères aux François. Les AUemansaiment à boire , & les Gens de Guerreplus que le reste de la Nation. II n’est point
éton-