Allemans &c. Lett. VI. 303
santés, me dira peut-étre, qu’il ne faut pasdu moins bannir celles des Souverains, & deleurs Familles. Mais qu’est-ce que cela faità la santé des Souverains ? S’en porteront-ils mieux , quand je me tuerai à boire leurssantés ? Cependant ceci me fournit quelquesréflexions , dont vous ne ferez peut-êtrepas fâché que je vous faífe part.
II est certain que l’Ivrognerie est un viceindigne d’un honnête homme. II y a là - de-dans je ne fai quoi de bas & d’infenfé , quîchoque l’Honnêteté & la Raison. Ce n’estpas tout. Ce défaut qui dans les Hommesordinaires n’est que déshonnête, porte d’ali-tres caractères avec foi chez l’Homme deGuerre , & fur - tout chez les Généraux.Cela les expose à des bévues , à des qui-pro-quo d’une très dangereuse conséquence.Si le Comte de Weilbourg & les autres Chefsde l’Armée Impériale ne s’étoient pas íì long-tems amusé à trinquer, ils n’auroient pas étésurpris par le Maréchal de Tallard , ni perdula Bataille du Sfierebach.
Mr. de Folard , parlant des Nations por-tées à l’Ivrognerie, fait une plaisante remar-que au sujet des Perses , & par occasion ausujet des AUemans. „ La qualité, dit-il, „de Buveur insigne chez les anciens Perses, „n’étoit pas de petite considération ; & „les Faiseurs d’éloges ne la laistòient pas „échapper, lotsqu’ils haranguoient quelque „
„ Satra-