Z 04 Lettres sur les
„ Satrape, ou le Roi même. C’étoit l’en-„ droit qui plaîsoit toujours le plus. Si les„ Flatteurs d’ARTAXERXEs le mettoient3 , en œuvre dans leurs discours, Cyr u s le„ Jerne ion Frère prétendoit qu’il étoit„ indigne de cet éloge, & qu’ii n’étoit rien,, moins que cela. II dii'oit aux Chefs de„ dix mille Grecs qu’il avoit pris à fa solde„ contre son Frère , qu’il étoit aussi mé-„ chant (a) Buveur que mauvais Capitaine,„ & qu’il (h) s’entendoit infiniment mieux„ que lui à ce métier-là. S’il eut parle à des„ Allemans, il eut fait des jaloux , au - lieu„ que les Grecs ne firent que rire de cette„ vanité.
II falloit, mon cher Ami, que ce Cyr u s, fût bien différent de Y Ancien , & que les Per-ses eussent furieusement dégénéré , d’êtredevenus fì crapuleux , eux qui auparavantavoient été si sobres. Mais s’ils avoientcorrompu leurs mœurs , ils avoient aussibien diminué de leur ancienne valeur. Cen’étoient plus ces Vainqueurs des Lydiens,des Mèdes , des Arméniens c’étoient desgens lâches , qui au nombre de plus
de
(a) V. Plut. Vie de Artaxerx'es. Mr. de Foìarda allongé & embelli le passage de cet Auteur.
(b) Cela est un peu obscur. J’aimerois mieuxdire , & que lui , qui leur pariait , s'entendoit in-finiment mieux que ce Prince a ce métier-ld. Par-la on éviteroit toute ambiguïté.