de cent mille n’avoient pas osé soutenir lesregards de dix mille Grecs, & les avoientlaissé se retirer tranquillement chez eux , sanspresque les incommoder dans une marche dedeux-cent milles d’ Allemagne.
II n’y a que ce défaut qui m’empêche depréférer les AUemans à toutes les autres Na-tions du Monde pour le Métier des Armes.Cependant, quelque grand que soit ce vi-ce , il est beaucoup moins nuisible auxGuerriers, que ce goût outré que les Fran~çoìs ont pour la Galanterie. Le Vin ne peutguères nuire qu’aux Généraux. Quantaux Soldats, il n’est pas de grande con-séquence , il leur est même quelquefoisavantageux, sur-tout aux lâches, à qui ildonne de l’intrépidité , en leur ôtant la con-noistance du danger. Au-lieu que parmi lesFrançois , quelque braves qu’ils íoient naturel-lement , il s’en trouve toujours plusieurs quiaimant la vie, & qui n’ont pas honte de laconserver par la fuite , quand ce ne íèroit quepour revoir leurs Maîtresses , & pour jouirdes transports que cause un retour peu at-tendu.
11 faut pourtant convenir d’une chose :c’est que quoique le François outre beau-coup trop le caractère galant, il est certainqu’il lui arrive rarement de prendre un atta-chement sérieux, qu’il quite une Maîtresseavec la même facilité, qu’il lui dit qu’il l’aime,V que