Allemaks &c. Lett. VIII. Zls
dans le goût d’avoir des Cochers Allemans ,ne pourroient pas dire aussi en plaisantant,& par allusion, f ai un Baron dans mon Ecu-rie. Voilà une juste compensation de re-proches.
Pour revenir à vos titres distinctifs, jevous dirai que j’en trouve des plus bizar-res. On appelle ici une Paysane , une Ar-tisane , une Servante Jung fer , c’est-à direVierge i Dieu sait si elle le sont. Les Fillesdes Mœchands, & des bons Bourgeois,
f îour se distinguer du commun, prennente titre François de Mamjelle. Celles quifont nobles, font nommées Frâules ; titred’autant plus difficile à traduire , qu’il n’esten usage que chez la Nation qui l’a inven-té par vanité. Cette vanité est telle que fivous disiez Mademoiselle à une de ces Frâu-les , elle le prendroit pour une injure. Pournous, nous appelions Mademoiselle la Filleainée du Frère du Roi ; & ce Frère, toutgrand Prince qu’il est, est bien aise qu’onl’appelle Monjìeur : ce qu’un Comte deY Empire ne sauroit souffrir, tant ils ont degoût pour la Graffliche Hoheit (a). Les Al-lemans ont cent bonnes choses que je vou-drois que les François prissent d’eux ; maisje voudrais qu’ils prissent eux-mêmes des
Fran-
Cs) L'Altesse Comtde, selon ma traductionimaginaire.