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même en France, quantité de bons Espritsqui méprisent ces puérilités, & qui com-mencent naturellement leurs Lettres par lesujet qu’ils veulent traiter, se contentantde mettre le Monsieur au commencement dela prémière période. Voilà qui me plaît,& voilà comme je vous écrirai, & commeje vous conseille d’écrire toujours , fansvous soucier fl les Fats l’approuveront ounon. II est du devoir des Hommes raison-nables de ramener les autres au bon-sens.Pourquoi n’imiterions-nous pas la simplicitédes Anciens dans nôtre manière de com-mencer une Lettre, puisque nous -nous pi-quons de l’imiter dans nôtre Me ? Les Fran-çois ont fait revivre le goût du Naturel ; ilsont chassé de leurs Ecrits les Jeux de mots,les Pointes, les Hiperboles, & les Figuresoutrées. Ne réformeront-ils pas leur ma-nière de commencer une Lettre ? Cela eít-il moins du ressort du bon goût, que l’en-flure qui paroi t dans les Ecrits de certainsAuteurs Petits-Maitres, qui voudroient in-troduire le faux brillant & bannir le natu-rel ? Et fl les habiles gens déclament contrecet abus, ne í'e trouvera-t-il point des per-nes raisonnables pour s’oppofer à celui dontje parle ? Non , non, mon Cher, j’ai assezbonne opinion de ma Nation, pour croi-re qu’on en viendra un jour-là, & peut-être plutôt que je ne pense. II ne fàudroit
qu’un