Allemanss &c. Lett. VIII. Z2s
qu’elles ont de commun avec toutes les Fem-mes du monde : mais elles ne veulent pasqu’on les loue devant d’autres personnes,de peur de s’en faire mésestimer ; car on re-garde volontiers ici comme perdues les Fem-mes qui souffrent qu’on leur dise qu’ellessont aimables, & qu’on les aime. Cela n’estDas bien ; car après tout, de quoi entretenires Dames, íì ce n’est de pareilles choses ?
’ ^eur parler de Guerre ? ce n’est pas leur mé-tier. Leur parler de Philosophie ? elle nes’en piquent pas. Mais elles se piquent debeauté ; il faut donc leur dire qu’elles sontbelles, & c’est les servir à leur goût, quel-que semblant qu’elles fassent du contraire.
Les Allemans négligent trop ce moyen des’inlìnuer dans l’esprit du Beau Sexe, ou pourmieux dire , ils négligent trop le Beau Sexemême. C’est pourtant dans le commercedes Dames, qu’on apprend à être poli,astable & prévenant. C’est le désir de leurplaire , qui inspire cette ambition, cette ému-lation parmi les Jeunes-gens, qui leur don-ne la bonne grâce, l’adresse , & les fait réus-sir dans la plupart de leurs Exercices. Maisil ne faut pas qu’iîs se livrent trop à ce com-merce , qu’ils en fassent leur principale occu-pation ; il leur seroit plus nuisible qu’avan-tageux ; ils y perdraient leur tems, dont laperte est irréparable.
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