Allemans &c. Lett. VIII. Z 27
lier, mais par pure grandeur d’ame. Pour cequi est du Respect, il faut convenir que vousTemportez fur les í rançois : mais franchementvous foutrez jufqu’au comique.
A parler généralement, on élève assez malles Jeunes-gens de qualité en Allemagne. L’a-varice des Parens en est cause. II y en a ,très peu qui ayent des Gouverneurs. Apeine leur donne-t-on des Précepteurs pourleur apprendre un peu de Latin dans leurenfance, & on 11e choisit pas toujours lesplus habiles, mais ceux qui coûtent le moins.Un Seigneur Prujjìen apprend à son Fils àconnoítre les bons chevaux, à juger de lataille d’un homme au prémier coup d’œil ;à faire à droite & à gauche ; à mépriser lamagnificence des habits & des équipages ;à épargner plutôt qu’à faire des dépensesinutiles. Tout cela peut avoir son bon,mais cela ne suffit pas pour former f esprit& le cœur. Faites apprendre à un Entantles Sciences qui conviennent à fa naissance ;infpirez-lui la compassion, fhumanité, ladouceur, la politesse. C’est une erreur de croi-re que la Politesse consiste dans la profon-deur & le nombre des révérences. Si celaétoit, toutes les Nations de VEurope , fansmême en excepter les Allemans , devroientmettre pavillon bas devant les Polonois. Jen’ai de ma vie rien vu de si révérenáer queces gens-là. Ils fe prosternent d’une ma-X 4 nière