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Lettres sur. les
Adieu. Je souhaite que vous vous por-tiez toujours bien.
A.ce . . . 17$5».
LETTRE IX.
J ’AI résolu , mon Cher , de vous entre-tenir aujourd’hui de la Langue & de laLitérature des AUemans. N’en êtes-vous pasbien aise ? Et serez-vous aussi intraitable furvotre Langue, que le font tous vos Com-patriotes ? J’en ai bien peur. II me sembleque vous me faites déjà le reproche qu’uncertain Esclave, dans Pétrone, fait à un jeunetéméraire ? Tu hiìkulofm, nec mu me ma ar-gutas. Quoi ? vous savez à peine bégayerdeux mots d 'Allemand, & vous voulez vousériger en Juge de cette Langue ? Ce re-proche , tout mal-fondé qu il seroit , neme surprendroit pas. C’est la réponse ba-nale que presque tous les Aìlmums font auxEtrangers , qui veulent raisonner sur leurLangue. Vous ne P entendez, pas , VOUS di-sent-ils d’abord ; & quand vous la parle-riez mieux que Cicéron ne parla jamais leLatin j si vous ne la louez , vous ne Penten-dez pus.
Mais donnez-vous un moment de patien-ce , & vous ferez convaincu que je ne mé-rite pas cette apostrophe. II y a je l’a-
voue