Allemans &c. Letx. IX. ZZ5
à dire, sinon qu’il faut donc que les Alle-mans ayent des oreilles à l’épreuve du ca-non ; car vous ne me persuaderez jamaisque des mots en jìrif , stras , mise b , masch ,tisch , tascb , rujst , lujst , binn , ban , boni ,bricks, bracl^; jamais, dis-je, vous ne me per-suaderez que ces mots soient fort doux , &qu’une Langue, qui est toute pleine de pareil-les terminaisons, soit fort supportable auxoreilles, à moins qu’on ne les ait cuirassées.
II y a, dit-on, à Leipzig une Société deSavans qui travaillent continuellement à per-fectionner la Langue Allemande. Je veux croi-re qu’ils la rendront plus abondante & plusriche qu’elle n'est ; mais je doute qu’ils chan-gent jamais fa nature, qui est crêtre rude& barbare. D’ailleurs de quel droit cesMessieurs prétendroient-ils faire passer leursdécisions pour des loix ? Qui les a érigés enArbitres de la Langue Allemande ? Personnequ’eux-mêmes. Sur quoi fondés veulent-ilsqu’on s’en rapporte à eux ? Sur leur savoir,& sur ce qu’on prétend qu’on parle mieuxY Allemand en Saxe , qu’en aucun autre en-droit de YEmpire ? Mais les Autrichiens n’enconviennent pas : ils soutiennent au con-traire que c’est chez eux que se trouve lapureté du Langage , & disent qu’il ne man-que pas parmi eux de Savans capables d’êtrejuges dans cette cause. Les Bavarois , lesBrandebourgeois , Sc les Suisses mêmes ont droit
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