Lettres sur les
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de prétendre à la même prérogative. II estdifficile qu’une Nation, qui contient dans sonsein tant de Peuples indépertdans les uns desautres, se soumette aux décisions d’un petitnombre de Savans ; & si les Allemans sont sipeu d’accord fur leurs propres intérêts, bienmoins le scront-ils fur les difficultés de laGrammaire. II n’en est pas de même chezles François ; ils ne composent qu’une Na-tion, quelque vaste que soit leur Empire, &VAcadémie Françoise est autorisée du Souverainà régler l’usage de la Langue. II faut se con-former à ses décisions, ou passer pour igno-rant dans la Langue Françoise.
La difficulté que toutes les Nations ontd’apprendre l’ Allemand , est une bonne preu-ve de fa barbarie. Je connois des Françoisqui sont ici depuis quarante ans , & qui nesavent pas ce qui s’appelle deux mots d?Al-lemand. A qui en est la faute ? Est-ce à eux,ou à la Langue ? Ce ne peut-être à eux :car comment s’imaginer, que parmi un sigrand nombre de gens, il ne se trouverapersonne qui ait la langue assez déliée, &la conception assez vive pour apprendre àparler un Langage , s’il étoit parlable. Pourmoi , je vous avouerai que ce n’a étéqu’avec des peines infinies que je fuis par-venu à jargonner votre Langue. C’est doncelle-même qu’il faut accuser de cette difficul-té. En voici encore d’autres preuves.
Outre