Allemans &c. Lett. IX. 343
diment, que la Langue Françoise ne méri-tait pas qu’011 l’apprit, parce qu’elle étaittrop facile : & moi j’avois toujours cru quec’étoient les Langues trop difficiles & troppesantes , qui ne méritaient pas qu’on ledonnât la peine de les apprendre.
Le Prince de.me diíoit un jour
qu’il ètoit fâché d’avoir apris le François ,
P arce qu’il était devenu trop commun.
ar la raison contraire , il ne faudroit ap-prendre que les Langues les moins connues,& en ce cas ce Prince auroit dû apprendrele ' Ì>íu Breton. Cette Altesse était bienéloignée du sentiment de ces Savans quiont tâché d’inventer une Langue qui con-tînt peu de mots faciles à retenir, afin defournir à toutes les Nations les moyens decommercer ensemble fans le secours desInterprètes : & pour en venir à bout, ondevoit envoyer aux quatre coins du Mondeconnu, des Gens qui sussent parfaitementcette Langue , ahn de pouvoir 1 enseigneraux Personnes deífinées au Négoce & à desAmbassades. Si ce projet eût été exécu-té , la Cour de Vienne n’auroit que faired’envoyer de jeunes gens à Constantinoplepour y apprendre la Langue Turque. Maisl’Alteíle dont je vous parle, auroit appa-remment condamné & le projet, & laLangue en question avec bien plus de cha-leur, puisqu’elle seroit devenue sans com-Y 4 parai-