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346 Lettres sur les
réunir tant de choses ensemble, dans une Na-tion assez portée d’elle-même à Porgueil.
Vantez-moi la taille des Allemans , leurforce , leur vigueur, je ne vous contrediraipoint : mais ne me dites pas qu’ils ont de l’es-„prit, fi vous voulez que nous soyons d’ac-cord. Ne vous imaginez pourtant pas qu’iln’y ait que les François qui pensent ainsi surle compte de votre Nation. Le Proverbe La-tin , que je viens de vous citer , eít pris d’unAuteur Fjvagnol , qui l’a allégué fur le mêmesujet que je traite. Aimez - vous mieux letémoignage d’un Anglais ? écoutez P Auteurdu Conte du Tonneau, fi estimé de tout lemonde. Les plus belles inventions , dit-il (a),font trouvées d'ordinaire dans les fiècles les plusignorant : tels font F usage de la BouJJole , de laPoudre-à-canon , U de /’Imprimerie , qui ontété tirées des ténèbres de P ignorance par la Na-tion la plus fiupide , les AI .
Je n’y ajoute pas une lettre, & cepen-dant vous voyez bien qu’on ne peut guè-res parler avec plus de précision. Mais pour-quoi les Allemans n’ont-ils pas autant d’espritque les autres Nations ? Est-ce le Climat ?cela y fàit-il quelque chose ? Est-ce la Bois-son ? non : car combien n’y a-t-il pas d'ALkmans qui ne boivent que du Vin de Cham,pagne , & qui n’en ont pas pour cela plus
d’es.
( a ) Pensées détachées Morales & Divertissan-tes, p. 1^.