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Lettres sur les
minel a le bonheur de rencontrer le Roisur son chemin, il est presque sûr de íagrâce, il ne meurt pas certainement de quel-que nature que soit son crime. En Allema-gne onvoitdes Souverains assistera ces sor-tes de scènes fans que le Criminel en soitpour cela plus heureux, à-moins qu’on nemette au rang des bonheurs, d’avoir unPrince pour spectateur lorsqu’on va êtrependu. Je connois un Souverain qui peutse vanter de n’avoir jamais accordé de cessortes de grâces, même lorsque les person-nes qui lui doivent être les plus chères l’enont sollicité. Si c’est amour pour la Justice,j’avoue qu’il est bien violent ; mais au moinsun tel Prince devroit-il se dispenser de re-paître ses yeux de pareils spectacles, qui cho-quent l’Humanité , bien plus encore la Ma-jesté Souveraine.
Voyez, je vous prie, dans quelle digres-sion je me luis allé j ester en parlant desBouffons. Vous me le pardonnerez, monCher. Ce qui m’y a engagé, c’est que jeme fuis souvenu que ces fortes de gens fontextrêmement sujets aux coups de tricot, c’estle passe-tems de leurs Maîtres. Dès-qu’unPrince Allemand a quelque chagrin, ou qu’ilest de mauvaise humeur ( car on n’a pas tousles jours envie de rire ) le Bouffon n’a qu’àpréparer ses épaules, c’est un plaisir de voircomme on les lui secoue.
Voilà