Buch 
Lettres françoises et germaniques, ou, Reflexions militaires, litteraires et critiques sur les François et les Allemans : ouvrage également utile aux officiers & aux beaux-esprits de l'une & de l'autre nation / [Éléazar de Mauvillon]
Entstehung
JPEG-Download
 

Allemans &c. Lett. X. Zs7

Mais il ne suffit pas d’avoir défini l'Esprit,il faut encore le distinguer d’avec lui-même,ou plutôt d’avec quelque chose qui lui res-semble , quoiqu’il s’en faille de beaucoupque ce ne soit lui. II y a une sorte d’Espritgrossier qui produit des bouffonneries plat-tes & dégoûtantes, qui plaisent pourtant àcertaines gens, qui n’ont eux-mêmes quecette sorte d’esprit. Celui-ci est bien diffé-rent de celui que les François recherchent, &qui n’est autre chose que ce que je viens dedéfinir plus haut.

II y a cette différence entre la grossière-té & la finesse de l’Esprit, que Pune émeutla rate, l’autre le cœur ; l’une excite la ri-libilité, l’autre Padmiration ; la prémière di-vertit un moment & ennuye ensuite, &l’autre cause un plaisir d’autant plus solidequ’il est plus pur. Comme donc en Alle-magne les Grands n’y font point cas de cettedernière qualité , personne aussi ne s’avisede se consulter , pour savoir s’il ne l’a pointreçue de la Nature ; & c’eít à qui bouffon-nera le plus piaffement. Vous entendez sou-vent de ces Seigneurs Alkmans qui rient avecdes éclats épouvantables pour la chose laplus fade du monde sortie de la bouched’un Sot plaisant : c’est-là leur goût,. L pourleur plaire iPfaut s’y conformer.

Je ne m'étonne donc plus qu’on trouvedans vos Poëtes des pensées fi triviales & desZ 3 expres-