Z8L Lettres sur les
des-avoue les louanges outrées que ses Parti-sans lui donnent ; car il n’est pas moins mo-deite que savant, & il n’ignore pas que leséloges qui sortent des bornes de la retenuefont toujours des éloges suspects.
Mais tel est le goût des Állemans , de pro-diguer les louanges fans mesure & sans dé-licatesse. Tout ce qui les frappe tant soitpeu est vortrefflich , excellent , mvergláck -lich , incomparable. Ils ont à tous momensces termes à la bouche. Les Auteurs dela Bibliothèque Germanique , qui d'ailleurs écri-vent si poliment, ne parlent jamais de lafeue Reine de ... . qu’on ne les entendedire quatre fois dans une demi - page, cet-te incomparable Princesse. S’ils louent un Au-teur, c’est toujours Yincomparable , le divin,Vingénieux &c. J’admire fort les maximesde politesse que ces Messieurs se sont pres-crites , & qu’ils observent si bien ; mais jeles dií'penlérois volontiers de me qualifier tou-jours leurs Savans par des épithètes si usées,& qui m’ennuyent si fort. Mais peut-êtrefaut-il donner quelque chose au Goût Ger-manique si cela est, je me tais. En effet
les
l’autre. J’ai feuilleté deux fois mon Calepin fansle pouvoir trouver. Enfin l’autre jour lisantQuinte Curce, j’appris qu’on appelloit Doryphoresceux qui combattoient près de la Personne duRoi de Pers, de sorte que ce mot voudra direDéfenseur selon toutes les apparences.