Allemans &c. Lett. XI. Z8s
s’en former, je pense, une juste idée. J’aifait voir que vos Soldats étoient mieux exer-cés , mieux disciplinés , plus soumis, pluspatiens & plus constans : de-là j'ai concluqu’à la longue ils en auront toujours rai-son des François. Quand ceux-ci vous ontbattu, c’est ì’habileté des Généraux, le cou-rage des Soldats, & peut-être leur nombre,mais non pas la Discipline : mais quandvous avez vaincu les François , la Disciplinede vos Troupes y a contribué plus'que toutautre chose.
On ne peut disputer la bravoure aux Fran-çois i mais cela, fans le bon ordre ne sertqu’a faire tuer beaucoup de monde inutile-ment : & je remarque que dans toutes lesBatailles que les François ont gagnées, il leuren a toujours conté fort cher. A Senef , àNerwinde , à F leur us , à Fridlingue & ailleurs ,ils ont acheté la victoire par la perte d’uiípresque auffi grand nombre des leurs quedes Ennemis ; au-lieu que ceux-ci ont rem-porté fur les François des victoires complet-tes, fans faire de perte considérable. Celas’est VU à Hocbftedt , à Turin , à Ramiìiies , àOudenarde &c. Ce font-là des effets bienmarqués de la Licence & de la Discipline.Mr. de Folard remarque que celle-ci étoit tel-le chez les Romains , que, íì elle eût tou-jours subsisté dans fa vigueur, il auroit étémoralement impossible de les vaincre ja-B b mais