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talent. Pascal íì connu par les petitcs Let-tres , étoit né avec un pancKant invinciblepo;ir la Géométrie : dès í'on enfance il com-mença à tracer des Angles , des Rectan-gles , des Quarrés, des Poligones ; ce futlà son goût, il s’y livra , & devint un grandHomme : peut-être eut-il toujours été unGénie médiocre , s’il fe fût appliqué àquelqu’autre Science qu’il eût moins ai-mée.
Vous me paroisse/ pancher vers la Phi-losophie , j’en fuis charmé , pourvu que cene soit là plutôt un effet de la Mode , quede votre goût ; car, mon Cher , chacunVeut paraître Philosophe aujourd’hui. IIa été un tems, où l’on fe piquoit de nerien savoir. Quelque tems après la Modevint de lire de gros Romans, & d’en imi-ter dans la conversation , le stile enflé &affecté. Ensuite on fe piqua de savoirfaire de petits Vers , Chansons, Vaudevil-les , Balades, Rondeaux , Epigrammes, Vi-relais , Stances &c. tout cela devint le goûtdominant , & celui d’aujourd’hui c’eít deparaître Philosophe. Voltaire , par exem-ple , qui toute fa vie a fait des Vers, re-noncera volontiers au titre de Poète , pour-vu qu’on ne lui dispute pas celui de Phi-losophe. II semble même qu’il veut insi-nuer dans Ion Discours préliminaire fur faTragédie cVAlzhe , qu’on ne peut être bon
Poète