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Lettres sur les
Afin donc, mon Cher, que vous évitiezun ridicule qui paroîtra toujours tel auxpersonnes vraiment sensées, je vous conseillede ne vous arrêter qu’au solide de la Philo-sophie , à l’Art de raisonner, ou de parve-nir à la connoissance des Vérités inconnuespar celles qui nous font connues ; à cettepartie qu’on appelle Expérimentale , où l’ondémontre , par l’expérience , les Causesphifiques de plusieurs Effets surprenans ; àcette autre qu’on appelle Morale , ou laScience des Alœurs, qui sert tant à for-mer l’Honnête-Homme. Tout le resten’eít que vanité, que mensonge, que pré-somtion.
„ II est certain (a) , Ait un Savant Anglais ,j, que plusieurs des principaux Introduc-„ teurs de nouveaux Sistémes ont été pris„ par leurs Adversaires, & ( íi vous en ex-„ ceptez leurs Partisans) par tout le Gen-„ re Humain, pour des gens qui avoient
„ le cerveaux bouleversé. Tels ont
, 5 été jadis Epicure , Diogène , Apollonius , Lu~„ crèce , Descartes , Paracelfe , qui, s’ils é-„ toient dans le monde à l’heure qu’il est,„ arrachés & séparés de leurs Disciples,„ seroient exposés à la phlébotomie, aux„ coups de nerfs de bœuf, aux ténèbres,„ à la paille.
II
(a) Conte du Tonneau Setlìon IX.pag. zii. deV Origine de la Folie.