Allemans &c. Lett. XII. Z9Z
Quant à l’autre raison qu’apporte le P.Malebranche , il paroit qu’il confond mal-à-propos avec D esc art es la Matière & le Corps,n’en voulant reconnoître d’autre que cellequi est étendue selon les Dimensions Ma-thématiques ; au heu de distinguer la Ma-tière première qui se meut & sent ses mou-vemens, d’avec le Corps, qui de la natureétant immobile ne sent pas qu’il se meut.Cette Matière est réellement étendue, maispénétrabîe, en cela différente du Corps quiest immobile & impénétrable. Cette pre-mière Substance , qui sent qu’elle se meut,& les différentes manières dont elle se meutou qu’elle est mue, fait les diverses sensa-tions.
Si on demande d’où lui viennent cesdif-férens sentimens, on répond que la Pro-priété de sentir lui a été accordée par ce-lui qui lui a donné l’être : ce qui ne lui apas été plus difficile, que de tirer du néantun Ame raisonnable, immortelle & libre.Ajoutez à tout cela le rapport qu’il y a en-tre les organes corporels des Animaux, &ceux de l’Homme. Les Animaux ont lesmêmes viscères, un sang qui comme celuide l’Homme se forme du suc des alimenspar le feu céleste qui est dans le cœur : ilsont un cerveau pour philtrer & pour distil-ler ce sang en esprits animaux, qui par leurextrême subtilité approchent le plus de cetteB b f Matière