D a n i si ras
servers son crédit auprès du Prince à nul ilest envoyé , & gagnera dans l’esprit de sonMaître l’opinion de prudent & habile Mi-nistre : qui est le but de son travail & deson industrie.
Il doit recueillir soigneusement les avisde ce qui se passe aux Cours voisines, pouren informer son Prince, & pourra quelque-fois en faire part aussi au Prince du Pays,quand ce fera chose qui le concernera, ouqu’il jugera devoir lui être agréable. Celafera qu’il en sera lui-même plus estimé &plus aimé dans cete Cour , & que tout cequ’il y négociera passera avec plus de fa-cilité.
La prudence veut qu’il écoute avec dou-ceur & modestie les raisons des autres,fans être amoureux des siennes, & trop en-tier en son opinion. Quand on veut con-tredire l’avis d’autrui dans une Conférence,quelque bonne & justifiée que soit 1a causequ’on soutient, il faut aporter tel tempéra-ment , que nul ne puisse rester offensé dela contradiction ; & qu’au contraire unchacun s’aperçoive du respect que celui del’avis contraire a pour la Compagnie. Ilfaut ceder quelquefois par complaisance,pour ensuite, dans un autre colloque , ra-mener amiablement les autres au parti de lajustice.
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