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Corrme il arrive dans les Cours tant dedivers accidens, qu’il est très-mal-aisé d’yprescrire une metode certaine pour s’y con-duire , les uns requérant une grande pron-titude , & une soudaine expédition ; lerautres une patience infinie ; il faut que tputcela soit remis au jugement de l’Ambassa-deur. Car son Maître lui peut bien pres-crire en gros ce qui est de son Instructionpour son service, mais il ne peut lui baillerni la direction , ni l’industrie pour la con-duite des accidens inopiné? & casuels.Ainsi le jugement & la vigilance font deuxparties bien requises à celui qui est consti-tué en cete Charge, parce qu’au moyen deces deux vous rende? vôtre Maître bienaverti, non de choses vaines & frivoles',mais de choses nécessaires, comme de cel-les que l’on prévoir pouvoir arriver, & furlesquelles, pour être quelquefois de tropgrande importance, l’Ambassadeur ne peutou n’ose se résoudre de son chef, de peurd’en être désavoué.
En la première dépêché , l'Ambassadeurdoit exposer sommairement ce qui s’estpassé en son voyage , & en sa réceptionpublique à la Cour du Prince auquel i! estenvoyé. Il doit mander le jugement qu’ilfait des dispositions ou il a trouvé ce Prin-ce & ses Ministres, Sc les belles paroles