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Tome second.
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Nouvelle Historique. 331Merveilles,, qu’on disoit de la Beauté de laReine r comme les exagérations ordinairespour les bonnes Qualitez des Princes, fut é-tonnée que tout ce qu’on en disoit étoit andeslòus de la Vérité. Cette Princesse étoitnée toute belle, & elle se trouvoit alors dansle plus grand éclat qu’une extrême Jeunessepuisl’e donner à une Beauté parfaite. Toutesles belles Personnes ne touchent pas toutessortes de Cœurs; mais, la Reine fut égale-ment adorée parmi les Peuples, & dans laCour. Autant de fois qu’elle sortoit en pu-blic, c’étoient autant de Triomphes pour el-le. II étoit fì difficile de la voir fans l’aimer,.que c’est encore aujourd’hui pne Traditiondans la Cour d’Espagne,qu’il n’y avoir pointd’Homme íàge, qui ôíìt la considérer en fa-ce (*). Enfin, s’il est vrai'que la Beautésoit une espece de Royauté naturelle, onpeut dire que jamais Reine ne fut plus Reinequ’elle..

Il étoit malaisé que l’heureux Epoux, quipoíïedoit tant d’Appas, n’en fiât pas charmé.Toutes les maniérés de cette Princesse lui pa-rurent touchantes. II lui trouvoit toujoursune Douceur attifante, également éloignéede la rebutante Sévérité des Espagnoles enpublic, & de leurs Emportemens extravagansdans le particulier. II admiroît quelquefoisson Bonheur,en faisant réfléxion sur ces cho-ses ; mais, c’étoit seulement en lui-même ;car, il ne jugea pas qu’il fût de se Grandeurde laisser connoître à cette jeune Personne lefoible. qu’il sentoit pour elle. Si" elle en eut

( r ) Brantôme, dans son Eloge.