410 Dom Carlos,ne Amour violente. Rui Gomez, son Ma-li, aussi jaloux des Confidences que le Roifaisoit à sa Femme, que des Faveurs, qu’ellefaisoit au Roi, fit dessein de se défaire d’elle;mais, la Princesse l’ayant découvert, elle leprévint, & se défit de lui.
Depuis, elle tint toujours Dom Juan éloi-gné de la Cour, fous prétexte de divers Em-plois; mais, en effet, parce qu’il la vouloirtraiter avec l’Autorité, que leur long & fa-milier Commerce lui donnoit fur elle. Ellelui fit donner le Gouvernement de la Flan-dre, dans l’espérance qu’il y périrait, com-me il aurait fait, fi le Courage & la Fortunedu Prince de Parme ne l’eusïent sauvé. Danscette Conjoncture, elle aprit, qu’il avoit dé-couvert les mauvais Offices, qu’elle lui ren-doit. La Crainte qu’elle eut, qu’il ne la rui-nât , en faisant sçavoir au Roi tout ce qui s’é-toit passé entre eux, la fit résoudre à montrerdes Lettres du Prince d’Orange, qui étoientd’une conséquence extraordinaire. Elles por-toient, que le Mariage de Dom Juan avec laReine d’Angleterre étoit conclu, & que lesRebelles de Plollande avoient donné parolede le reconnoître, dès que ce Mariage feraitconsommé, sans autre Condition que la Li-berté de Conscience. Ces Lettres furent don-nées par Perez au Roi, qui reconnut d’abordl’écriture du Prince d’Orange. Comme ils’abandonnoit à fa Frayeur en présence de laPrincesse d’Eboli, elle prit ce tems pour luidire la Réponse, que Dom Juan avoit faiteautrefois à Dom Carlos,qui le trairait de Bâ-tard. Elle fit aussi souvenir le Roi du Fasteavec lequel ce même Dom Juan avoit reçu
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