Band 
Tome second.
JPEG-Download
 

Duchesse M a z a r i n. 563ne íçai si le Refus que j’en fis l’aigrit contremQi; mais, un jour que j’étois à la Fenêtre,elle me dit fort rudement de m’en ôter, quece jfétoit pas la Coutume à Rome de s'y met-tre-, &, une autre fois, que je m’y remis en-cor , elle m’envoya son Confesseur me dire »qu'on m’en feroìt ôter par force. Ce Moines’aquitta si insolemment de fa Commission ,que les larmes m’en vinrent aux yeux. L’E-cuyerdu Cardinal Chigi, qui travailloit desChevaux devant la Maison, m’entendantplaindre, monta pour m’offrir ses Services;mais, je n’eus plus le Courage de rien direquand je le vis. II alla pourtant conter à_son Maître , qu'il y avait deux jours que jen’avois bâ, ny mangé. Le Cardinal Cnigi enfut touché de Pitié ; & le Cardinal Mancinilui ayant répondu, que Monsieur Mazartasouhaitait que je fiff'e une Retraite de quinzejours dans un Couvent , où. il y avoit uneSœur de Monfieur le Cardinal Mazarin , jele pris au mot.

Mon Frere, & ina Sœur, voyant le dé-plorable état où j’étois, commencèrent à fai-re réflexion fur leur Conduite passée,& n’eu-rent point de repos que je ne leur ensile par-donné. Je ne voulois pourtant point voirmon Frere ; mais, à la fin, ils gagnèrent en-cor ce point fur ma Résolution : &, quoique je visse bien que leurs Remords ne répa-roient pas l'Outrage qu’ils avoient fait à maRéputation,la Facilité de mon Naturel l'em-porta encor cette fois fur le plus juste de tousles Rdïèntiinens. Je ne connois rien de pluscruel dans la Vie, que de voir revenir debonne foi les Gens à nous, après qu’ils nousZ 6 or.i