Band 
Tome second.
JPEG-Download
 

Duchesse M a z a r i n. 565que je me soumisse à cette Condition; &pour moi, dans T Accablement où j’étois devoir la Dureté de M. Mazarin, j’étois capa-ble de me résoudre à tout : mais, ma Sœurvoulut absolument que je sortisse. Elle fitnégocier pour cet effet avec la Reine deSuede, qui donna parole de me recevoirchez elle; & il ne fut plus question, quede me faire échaper. Ma Sœur me vint .voir une après-dinée. Comme nous étionsensemble dans ma Chambre, que je dispo-sois les choses pour m’en aller avec elle, &que Nanon étoit déjà toute ronde du grandnombre de Hardes qu’elle avoit fourrées detous côtez fous ses Habits, nous fûmes aver-tis que le Conseil de la Reine l’avoit obligée'de retirer la Parole qu’elle avoit donnéeen ma faveur. Quelque désagréable que fûtcette Nouvelle, il fut résolu de passer outre.Ma Sœur se rçit en devoir de s’en aller, &moi de descendre avec elle sous prétexté dede raccompagner. Ma Tante Mazarin fittout ce qu’elle put, pour me faire demeurerdans ma Chambre, parce qu’il y avoit long-tems que je ne me portois pas fort bien ;mais, je n’avois garde de faire cette Faute.Les Enfans de ma Sœur, qui n’avoient paspermission comme elle d’entrer dans le Cou-vent , L qu’elle avoit exprès amenez ce jour-là pour amuser ma Tante dans le Parloir, a-fin que nous n’en fussions pas embarrassées,l’attendoient à la Porte quand l’Abbesse lavint ouvrir. Nanon se jetta d’abord à euxpour les caresser, & moi après elle. Com-me on ne se défioit point de notre Dessein,l’Abbesse n’ôia pas m’en empêcher de force,outre que je ne lui donnai pas le tems de dé-Z 7 lîbé-