S A T I I E L
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le peuple me pr&ereront Labeon ? erreur! il ne faut pas sejoindre aux vaines acclamations de Rome, & peser le me-rite dans cette balance, Soyez votis - meine votre juge,Chacim se mele ici - - - Si j’osais parier ? mais je ledois? & qui pourroit se taire en voyant nos frivoles oc-cupatioris depuis 1’enfance a la vieillesse. Dans le temsque nous voulons passer pour des Catons ; a cet age meme( pardonnez - moi si je ris , mais je suis nnturellement plai-sant) a cet 4ge, on veut etre encore auteur. L’un ecriten prose, 1’autre en vers; iis composent des clioses sigrandes, fi sublimes, qu’ils ne peuvent les reciter sansen perdre la respiration, Frise, parfume, vetu d’une robeneuve, ayant au doit la plus belle de vos bagues, vousmontez fur la tribune, apres vous etre prepare le gosieravec des firops, & vous declamez en roulant les yeuxlanguissamment. Les nobles Romains trepignent do plai-sir , lorsqu’un vers les chatouille , & que sa cadence heu-reuse les erneut, Cest donc la , pauvre vieillard , lefruit de vos travaux ! 1’objet de tous vos vocux, c'est ileflater les oreilles, & d’exciter des applauilissemens si ex-ceffifs, qu’on vous oblige a demander quartier , & a direä l’auditoire , en vous pämant de joye , ah , MeJJieurs ,c'est ajscz! l’A m I. Mais ä quoi nous serviront nos tra-vaux , & le seu qui nous agite, s’il saut l’etoüffer en nousmeines? Perse. 0 vieillesse: 0 raison 1 0 moeurs 1 lesqavoir n’a -1 - il donc de prix que par 1’opinion des au tres!
E'A»tr, Avouez eependant, qu'il esi doux d’etre re-marque des passans & d’entendre dire: c'est lui, le voila,n’est-il pas agreable d’entendre la jeune nofclesse recitervos ouvrages, qu’on lui dicte dans les ecoles ? Perse,
Sans