Satire II.
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quelle idee vous faites vous de Jupiter ? Croyez - vousqu’il vaille mieux par exemple , que Staius ? vous etesetonne de la comparaison. On n’auroit pas de peinc, ilest vrai, ä trouver quelque juge plus integre que lui.Mais tenons - nous en ä Staius. S’il entendoit ees voeitxdont vous fatiguez les ereiltes de la divinite , il s’ecrieroit,6 Jupiter ! & vous voulez que ce Dieu ne se recrie paslui - meine ! vous croyez qu’il vous pardonne , parce que lafotidre, au lleu de vous ecraser, ou de mettre votre mal-so n en feu , ne tombe que für un ebene. Vous pensez qu’ilse laifle insulter impunement , parce qu’il ne vous a pasencore reduit en poudre? Imbecille, quelle idee avez-vousdes Dieux ? Vous esperez de les gagner par les entraillesdes victimes. Je ne vois par-tont que des superstitionshouteuses. Une Grandmerc & une vieille Tante devoteprennent un enfant au berceau, & lui flotteot le front &les levres avec de la salive benite , pöur le preserver desfortileges. Qiiand cette Ceremonie eil Faite , elles battentdes mains , & demandent au ciel que ce petit rejetton,qui ä peine vegete , poffede un jotir les richesses de Lici-nius , & des Palais tels que ceux de Crässus. “ Fuissent,, les Rois & les Reines, disent-elles , le souhaiter pour,, gendre, qu’il soit couru & recherche des belles, & que„ les roses naissent sous fes pas.” Est-ce dohc ä des fem-melettes, ä une nourrice, qu’on doit laisser le sein d’in-voquer les Dieux pour un enfant ? non; Jupiter se moque deleurs ceremonies & de leurs vdeux indiscrets. Quand vousdemandez au ciel une saute ferme & une vieille He robuste,c’est fort bien Fait, mais les repas exceffifs que vous faiteschaque jour s’öppofent a l’accompliffement de vos vceux.
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