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de leurs ouvrages. Pomponius passant par hazarddevant la maison du peintre, vit le tableau, & en futirapé: plus il l’examine, plus il s’y reconnoir; cefont ses yeux, c’est íà bouche, son nez, son front,sonteint,son air; en un motil trouva tant de ressemblanceentre lui&le portrait qu’il s’imaginaquelepeintrcavoit voulu lui jouer un tour en le représentant sousdes habits de fille : il fàit détacher le portrait par lèsesclaves, le fait porter chez lui, où étant arrive, ilprend un tableau, où il étoit représenté habillé enhomme &l’envoie attacher à la maison du peintre,
qui ne (cachant rien de cette avanture,fut fort surprisdevoir un portrait en habits d’homme, semblableà celui qu’il avoit fait en habits de femme: dansce moment Oftavien envoïa chercher le portrait defa fille j le peintre fort embaraílë, prend le por-trait de Pomponius &lcportcâ Oclavkn, qui lui de-manda ce qui l’avoit porté á représenter íà fillefous des habits d’homme: le peintre, qui n’étoitpas encore revenu de fa surprise, n’eut pas d’autreréponse á lui faire,sinon, qu’il avoit peint Oftavìcdans ses ajustemens ordinaires, qu’aïant exposé letableau devant fa maison, il avoit étc soit surprisde trouver un portrait d’homme à la place de celuiqu’il avoit fait, mais un portrait, dont tous lestraits reslèmbloient parfaitement bien au sien.Quoique ce discours frapât Otìavien, il ne lui en im-posa pas, plus il considéré le tableau, plus il y re-marque de traits qui conviennent ìÒílavie: maisi’habillement lui faiíànt rapeller ses idées, il recon-nût enfin Pomponius ; il communique fa pensée aupeintre, qui ne fçavoit qu’en dire, quoiqu’ellc luiparût vraisemblable. Otlavien, pour s’en mieuxinstruire, va chez Pomponius : a peine fut il entrédans la galerie, que le premier objet, qui lui frape!es yeux, est le portrait de fa fille; il demande àPomponius , par quel haz-vd lç portrait d’ Ofiavie
lui