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innocente & dit que c’étoit elle, qui avoit fait cechangement,fans qu' Ofìavic ni Pomponius y eussentd’autre part, que de s’être habillez avec les habits,qu’elle leur avoit fournis. La mere d ’Oíìavie , à quila sincérité à'Amise n’étoit pas suspecte, la crut, &rentra dans la salle où étoit la compagnie, fansrien témoigner de ce qui s’étoit passé. Mucie gou-vernante d' Oótavie , qui s’étoit aussi aperçue dujeu, n’en crut pas tout à fait Amise fur fa parole ; elleexamina nos deux amans, mais íès foins furent in-utiles , & ce qu’ Amise n’avoit pû lui persuader, ellele crût par les froideurs & les indifférences qu’elleremarqua que les jeunes amans avoient l’un pourl’autre.
Julqu’àce moment Pomponius pouvoir fe direheureux: mais Cupìdon , en blessant Mucie d’uneflèche d’or, qui lui inspira un amour violent pourPomponius , frapa celuici d’une flèche de plomb,quilui donna un souverain mépris pour Mucie, Cettegouvernante avoit plusieurs belles qualitez; elleíçavoit la musique en perfection ; elle jouoit desinstrumens & chantoit avec grâce ; elle avoit be-aucoup líi ; elle scavoit tous les poètes par cœur,fur tout Ovide, dont elle avoit mis en musiqueY An d'aimer ; elle étoit femme, c’est-a-dire, aimantà plaire, voulant être aimée, aimant quelque fois.Pomponuis lui plût ; elle fut charmée de íès bellesmanières, & détachant un brafselet, qu’elle avoitau bras, elle lui en fit présent. Pomponius , qui jou-oit alors le personnage d’ OSiavie, crût pouvoirrecevoir de fa prétendue gouvernante un brasseler,sans conséquence. Mucie voyant qu’il avoit ac-cepté si galamment íà faveur, non seulement fermales yeux fur ce qui se paflòit entre Oïïavie & lui, &favorisa Amise dans tout ce qui regarda l’échange deshabits après le concert, mais, pouffant plus loinson amour, elle lui écrivit le lendemain le billetsuivant. Mucie