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vint, à qui il conta le sait; nous résolûmes de lessuivre à la piste,quelque part qu’ellesallasîènt; nouscourûmes tant qu’enfin nous parvînmes â l’embou-chure d’un antre affreux. Corbulon descendit decheval, ce que nous fimes aussi; nous entrâmes àpié, l’épée à la main, dans cette caverne; nous errâ-mes longtems, fans fçavoir oû nous allions, parccqu’une nuit affreuse regnoit par tout, & que nous neíçavions comment nous délivrer de l’épailTe ob-scurité où nous étions. Cependant à force d’avan-cer, nous aperçûmes une soíble lueur,à laquelle nousallâmes; elle nous éclaira pour descendre un esca-lier de plus dc trois-cens marches, au bas duquelnous trouvâmes une porte fermée ; nous frapa»mes, auffï-tôt nous entendîmes une voix qui nousdemanda , qui nous ctions ; nous répondîmes,Romains. La voix nous dit, que si nous voulionsentrer, il falloit que nous allassions auparavantnous baigner trois-fois dans V Euphrate* Noussommes purs, dit Corbulon ; ouvrez: aulsi-tôtnousentendîmes un grand bruit de tambours, de trom-pettes & de timbales, au sondes quelles la portes’ouvrit, &une voix affreuse se fit entendre,disant:tremblez , mortels, en entrant d,ans ces lieux ; la pre-mière chose, qui íè présenta à nos yeux, après queles ténèbres furent dissipées, fut un horrible dragon,qui jettoit feu & ffame par les yeux, la gueule & lesnarines. Corbulon s’avança pour le percer de sonépée, mais il ne frapa que du vent ; ce qui fit quenous passâmes paruneallce étroite, au bout de la-quelle nous trouvâmes un fort beau jardin,le longduquel regnoit un palais magnifique, mais enchan-té, & dont toutes les parties étoient animées. Nousentrâmes dans les sales d’enbas sons voir personne;nous montâmes en haut & nous trouvâmes à laporte d’une chambre une demoiselle, qui jouoit delaguitarre; elle nous reçut parfaitement bien, &
s’ofijit