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res dela raison, je le regarderai comme un habilehomme, bien que je ne sois pas da son opinion:nous sommes dit Samar, à peu-prèsdu même sen-timent; je demande cependant autre choie que dubon sens & de la raison dans un ouvrage ; la déli-catesse dans les pensées, lclegance dans le tour desphrases, le choix dans les mots sont des choiesqui ne doivent pas être négligées, & qui seulesfont souvent capables de soutenir un livre; Te-lemaque roman qui doit paroitre dans le sieclede Remonitum fera l’ouvrage du Druide de Cam-brai, & n’aura pas en effet d’autre mérité; il pé-chera même contre la vérité de Phistoirc ; il s’é-cartera d 'Homère : en un mot il n’aura d’autre fon-dement que les idées creuses du Prélat: mais ce ro-man fera bien écrit; fauteur y fera briller son ta-lent pour les Romans ; on croira y voir le portraitde quelques personnes de la cour; il n’en faudrapas davantage pour lui donner la vogue; tous lesautres ouvrages du Druide de Cambrai feront aveck tems ensevelis dans un éternel oubli; son seulTdemaque rendra son nom immortel; & les ama-teurs des picces fabuleuses souhaiteront que le Pré-lat n’eut jamais écrit que des Romans j il arriveradans le même siecle, que deux Icbtyophages noirsécriront en même tems fur un même sujet; l’ustne raisonnera pas, & l’autre parlera mal, ce quifera dire à un habile critique, que P un auroit dù .apprendre à raisonner à f autre, qui lui auroit apprisa parler.
J’ai peine à croire, dit Celer, qu’il y ait des per-sonnes qui écrivent en dépit du bon sens; rien deplus commun, repartit Samar, & au contrairerien de plus rare que les bons livres ; les auteurs,dit Prtfius , ne sont pas les seuls qui pèchent contrela raison; les personnes les plus distinguées ont leurfoible, c’est-àdirç, quelque défaut d’êlprit qui meH a con-