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II lui donna le commandement des armées, &mit la fortune de l’etat entre ses mains: mais despersonnes d’un trop grand crédit, mal intention-nel pour le Prince de Rdosan ,pensèrent le perdre ; cen’étoit plus lui qui commandoìt l’arméé; il trou-voit à chaquepas qu'il faisoir, des ordres par écrit,fur lesquels il devoir rcgler là conduite; les géné-raux qui commandoient fous lui, furent les pre-miers à le trahir; & il se vit conduire impitoya-blement à la boucherie; il n’y eut que son grandcourage & celui de quelques uns des siens, qui leretira du péril; mais bien loin que cet accident di-minuât là gloire, on l’en estima, & on l’en aimadavantage, parce qu’on sçavoit à qui il étoit rede-vable de la mauvaise fortune; il sc releva avecéclat, & porta lès armes çnjbrrie, ou les lauriersnaquirent par tout sous ses pas; il fit briller danscette occasion son courage, là valeur & fa pruden-ce; l’envie, qui s’attache toujours à calomnier lesgrands hommes, n’ayant pas de prise fur íà géné-rosité, sema le bruit de lès amours prétendus avecla Reine du pais : mais l’ayant quitté auííi-tôtqu’il eut exécuté fa commission , il fit bien voir,qu’il n’y avoit rien en Jberie qui pût l’y retenir*il revint couvert de lauriers â la cour, où la mortayant enlevé les enfans & les petits-fils de son on-cle , on ne manqua pas de l’accuser de les avoitempoisonnez , parce qu’une couronne vaut bienun crime; il fut d’autant plus sensible à cette ca-lomnie, que le'Roi paroifsoit y ajouter soi :le< Dieuxpermirent qu’il eut une occasion insigne de détruireces bruits fâcheux.
Mcgas ayant cessé de vivre laiílà pour héritierde son empire un arriéré petit-fils, âgé feulementde cinq ans, dont le Prince prit un si grand soin,qu’il régna plusieurs années dans uneparfaite san-té; n’est ce pas, dit Pison , ce Prince qui institua
Y Ordre